Il était une fois …

le village

L’implantation du village répond à trois critères de base :

  • Il faut s’établir près d’un point d’eau. La présence de la source de la Foux et des deux rivières répond à cet impératif. Il en va de même pour les différents hameaux situés à proximité de sources nombreuses.
  • Il faut choisir un site bien exposé. Le village est bâti à mi-pente de coteaux orientés à l’ouest et au sud, bien abrités des vents du nord.
  • Il faut préserver les terres cultivables. Les différents quartiers qui forment le village sont bâtis à même le roc. On peut en voir la trace dans certaines rues, au Cornier, à la Viale et à Campestret. D’énormes rochers servent d’assise à certaines habitations.

Comme dans toute la région des Cévennes, l’habitat est intimement lié au territoire :

  • Par le choix des matériaux de construction. Les pierres sont prélevées sur place. Notre village étant situé sur une zone de contact entre les schistes et le granit, nous trouvons ces matériaux dans les différentes constructions. Parfois, s’y ajoute des blocs de calcaire ou de grès. Ces pierres sont maçonnées à la chaux ou à chaux et à sable. Pour les charpentes, l’essence privilégiée est le châtaignier : ce bois est réputé pour être imputrescible et les zones de coupe sont situées à proximité des habitations.
  • Par la disposition des constructions et leur intégration au paysage. Les maisons sont serrées les unes contre les autres. Ruelles et venelles qui permettent la circulation sont très étroites et généralement en pente. Autrefois, elles étaient caladées c’est-à-dire revêtues d’un dallage en galets de rivière. De nombreux passages voûtés ou porches sont visibles dans chaque quartier.

le château

Le château du Cornier date vraisemblablement du XIIème siècle.
Édifié par les de ROQUEFEUIL, seigneurs dominants, il est remanié en grande partie au XVIème siècle, par la famille du PONT.
Les premiers propriétaires sont les seigneurs d’AZEMAR, originaires du Rouergue. En 1430, le château devient propriété des du PONT.
Cette famille donnera, en 1703, deux martyrs pour la foi protestante : Rostang du PONT de la RODE et son cousin Louis du PONT de BONNELS. Après la destruction du temple, en 1688, le culte réformé a lieu au château. Son propriétaire, Lévy du PONT de la RODE, met la grande salle du château à la disposition des catholiques d’Aumessas, leur église étant inutilisable.


le temple

C’est en 1568 qu’est envoyé un pasteur, Jehan SOLEIL, à Aumessas.
Ce n’est qu’en 1639 que le premier temple est érigé sur un terrain donné par Jacques du PONT de la RODE, devant maître Guillaume FLORY, notaire à Aumessas.
Ce temple est détruit le 17 Février 1688 après la révocation de l’Edit de Nantes (17 octobre 1685). Du tas de ruines, ne seront conservées que la serrure et sa grosse clé. On peut voir, aussi, de belles pierres de taille récupérées des ruines de l’ancien temple ; elles forment l’angle du mur de soutènement du jardin où se dressait l’ancien lieu de culte. Symboles de la continuité de la communauté protestante du village, elles sont placées sur la porte du nouveau temple. Pendant la période qui suit, les services religieux sont célébrés soit au château du Cornier, soit à la maison NEGRE de la Viale soit sous les châtaigniers de la Rode, soit “au désert”.
Le 30 septembre 1816, les protestants d’Aumessas sont autorisés à construire un nouveau temple. Une souscription est lancée et s’étale jusqu’en 1824.
La construction est achevée en 1825. En 1862, Aimé FONZES, bienfaiteur du village, offre, au consistoire presbytéral, une cloche à placer dans le clocher dont il avait financé la construction.


L’eglise

Nous ne connaissons rien de l’église primitive. La première mention “Ecclesia de Olmensatio” date de 1276.
Il semblerait qu’elle date du XIIème siècle, son clocher, de style bénédictin, se rencontre beaucoup en Cévennes et en Gévaudan. Il est appelé clocher-peigne ou clocher-mur. De la même façon, est ignorée la date de consécration de l’église à Saint-Hilaire. La mention la plus ancienne “Ecclesia Sancti-Ylarii de Olmessacio” date de 1502.
Elle souffre fortement des guerres de religion. Elle est en partie démolie vers 1570. Les huguenots s’emparent de l’église pour y célébrer leur culte ; agissements dénoncés au Roi en 1622.
La campagne d’abjurations de 1683 à 1685 motive sa reconstruction et son agrandissement, comme en témoigne la date découverte récemment au-dessus du portail : 1687.
En 1703, l’église est saccagée et incendiée par les Camisards. En 1794, elle est transformée en Temple de la Raison et dépouillée de tous les symboles du culte.


En 1990, la cloche, fêlée, est déposée. Datant de 1539 (règne de François Ier), elle est classée au titre des Monuments Historiques le 15 Février 1995. Elle est visible au fond de l’église. Elle est remplacée par deux nouvelles cloches, baptisées en 1990, “Augustine” et “Blanche”.


Géologie

La commune d’Aumessas est située dans une zone ayant subi plusieurs mouvements tectoniques à des époques différentes.

La morphologie y est donc très variée. On peut constater, par endroits, des points de contact entre les schistes et les granits. L’éruption du granit a métamorphisé les schistes dont les couches sont plissées dans tous les sens.
Ces terrains primaires et triasiques ont formé le rocher pyramidal du Poumel et les magnifiques amas rocheux de Roquelongue que la rivière, l’Albagne, franchit par de remarquables cascades.
Au nord-est, se trouve le piton rocheux du Caladon près duquel coule le torrent le Bavezon.
Un peu au nord de la commune, commence un îlot de calcaire qui se prolonge jusqu’à la limite du granit en passant par les hameaux de la Foux, puis de Vernes et Blanquefort sur la commune d’Arrigas.

Au point de vue minéral, un filon de 7 m de large riche en zinc et en cuivre traversait les communes d’Aumessas, Arrigas et Alzon. Son exploitation est très ancienne (vestiges gallo-romains et médiévaux) se poursuivait sur le site
d’Arrigas au XIXème siècle. Elle fut stoppée en 1907.
Sous le contrôle de Jacques Cœur, une mine d’argent a été exploitée à Aumessas.
L’argent extrait était transporté à la fabrique de monnaie la plus proche.